vendredi 4 janvier 2013

Rétrospective 2012 en 26 lettres



A comme ALINIHA, une coopération sud sud triangulaire qui conjugue l’environnement, le micro crédit et l’épanouissement social et qui s’appuie sur les associations féminines comme leader de leur propre avenir.

B comme BAOBAB, arbre dont les femmes peuvent tirer beaucoup de bienfaits et de bénéfices. Grâce au baobab, elles fabriquent du café, de la confiture, de la poudre aux propriétés nutritionnelles et médicinales exceptionnelles.

C comme CHARBON DE PAILLE, une alternative écologique à la consommation dévastatrice de charbon de bois et un moyen de lutte contre les feux de brousse.

D comme DEFORESTATION. La consommation des ménages s’appuie à 85 % sur le bois ; à ce rythme-là la forêt sénégalaise ne sera bientôt plus qu’un souvenir.

E comme EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT. Avec le programme Aflatoun, Nébéday forme les enseignants à de nouvelles pédagogies qui conscientisent les enfants sur leurs capacités d’agir en tant que citoyen. Aflatoun mêle éducation sociale, financière et environnementale.

F comme FEUX DE BROUSSE. 1500 feux de brousse se déclenchent chaque année au Sénégal faisant des dégâts considérables et compromettant sérieusement la régénération naturelle. Grâce à l’appui des séances de cinéma-débat, Nébéday mobilise les villageois pour venir faucher la paille et créer des couloirs pare feux.

G comme GAZ CARBONIQUE. 25% des émissions de gaz carbonique sont dues à la déforestation. La déforestation évitée est devenue un marché pour la vente de crédit carbone auprès d’entreprises émettrices.

H comme HERBIVORES. Le bétail errant cause beaucoup de souci dans les mois qui suivent les reboisements en venant manger les jeunes arbres. Cela nous obligent à protéger chaque arbre ce qui rend l’opération beaucoup plus longues et coûteuse.

I comme INTÉRÊT GÉNÉRAL. Car c’est dans notre intérêt à tous que de voir nos forêts prospères et abondantes. Elles nous offrent les feuilles qui nous soignent, les fruits qui nous nourrissent ainsi que le gibier et le bois dont nous avons tous besoin.

J comme JUJUBIER. Le jujubier fait partie des espèces choisies pour la prochaine campagne de reboisement. Sa croissance est rapide et ses fruits sont fortement demandés sur le marché, apportant ainsi un revenu supplémentaire aux femmes. Grâce à ses épines, l’arbre peut aussi participer à constituer une bonne haie vive pour repousser le bétail.

K comme KAD, le plus grand acacia de la région, qui a la particularité d’avoir un cycle inversé, c’est-à-dire qu’il perd ses feuilles à l’hivernage et les retrouve à la saison sèche. Cela lui confère plusieurs avantages, entre autre il protège le sol de l’érosion et améliore sa fertilité.

L comme la LOI N° 96-06, portant sur le transfert des compétences aux collectivités locales. Cette loi donne la possibilité aux communautés rurales d’élaborer leurs propres plans d’action environnementaux et donc de décider de la création d’aires marines ou forestières protégées communautaires.

M comme MIEL. Nébéday a formé de nombreuses femmes à l’apiculture. L’apiculture va apporter un revenu substantiel aux femmes et va aussi participer à une meilleur pollinisation de la zone et par conséquent à une amélioration des rendements agricoles.

M comme MANGROVE. La mangrove est un écosystème d’une grande richesse constitué de différentes variétés de palétuviers. C’est un espace privilégié pour la reproduction et la croissance des alevins. On y exploite aussi de nombreux mollusques.

N comme NEBEDAY, le nom wolof donné au moringa oleifera qui est un arbre aux propriétés nutritives et médicinales exceptionnelles. L’arbre a une croissance rapide qui peut fournir un complément alimentaire en quantité et en qualité. Les femmes le plantent en cultures associées dans leurs espaces dédiés au maraîchage et peuvent ainsi tirer un certain bénéfice de la vente des feuilles au marché. C’est aussi symboliquement le nom choisi pour notre association.

O comme les 8 OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE. Qui sont, entre autres, la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, l’amélioration de la santé maternelle et infantile, la promotion de l’autonomisation des femmes et la mise en place d’un environnement humain durable. Nébéday travail au quotidien à l’atteinte de ces 6 objectifs.

P comme PLANTE LA VIE, le programme mis en place par Nébéday pour financer les plantations de moringa oleifera et les séances de sensibilisation sur l’aspect nutritionnel de l’arbre. 1 € = 1 arbre !

Q comme QUANTIFIER. Les multiples services rendus par les forêts font l’objet de nombreuses quantifications. Si l’objectif louable en est la protection des forêts, une forte vigilance doit être apportée pour ne pas la marchandiser.

R comme REBOISEMENT. Au précèdent hivernage, Nébéday a réussi à mobiliser plusieurs centaines de villageois pour replanter 5 000 anacardiers sur le pourtour de la forêt classée de Sangako afin de constituer un couloir pare feux.

S comme SANGAKO. Les villageois en périphérie de la forêt de Sangako ont demandé l’appui de Nébéday pour faire de la forêt une aire protégée et communautaire. Nébéday les accompagne alors dans la mise en place d’un plan de gestion durable ainsi que dans la création de filières économiques durables et rentables à base de produits dérivés du baobab et de l’anacardier.

T comme les TORTUES MARINES que l’on trouve à Palmarin. Malgré l’aire marine protégée dans laquelle elles viennent se reposer et se reproduire, leur survie reste compromise. Nébéday accompagne alors les gestionnaires de la réserve à cibler et dépasser les problèmes rencontrés.

U comme l’URGENCE d’agir. Au rythme où va la déforestation au Sénégal, il est impératif de prendre des mesures concrètes pour juguler ce phénomène. Les arbres se régénèrent mal, les sols s’érodent, la désertification avance et bientôt, si rien n’est fait, la terre ne donnera plus de quoi nous nourrir.

V comme VETIVER, une plante qui peut offrir la solution à beaucoup de problèmes environnementaux tels que l’érosion, l’assechement des puits, la conservation des sols, la séquestration du carbone… Ses feuilles donnent aussi un excellent fourrage tandis que ses racines sont très utilisées dans la pharmacopée traditionnelle.

W comme WAXTAAN, que sont les nombreuses causeries qui sont les étapes indispensables à la mise sur pieds de projets communautaires pérennes.

X comme XALIS, l'argent, sans lequel rien ne serait possible. Merci donc à nos généreux bailleurs pour nous permettre de mener à bien nos activités sur le terrain en faveur des hommes et des femmes qui vivent au quotidien dans un environnement nourricier mais précaire.

Y comme YOROS, l’appellation wolof pour les huîtres. De nombreuses femmes vivent de la culture des huîtres de palétuviers et sont du coup particulièrement sensibilisées à la protection et au reboisement des mangroves.

Z comme ZERO DEFORESTATION : C’est l’objectif qu’il faudrait atteindre pour sauvegarder la biodiversité et l’humanité tout entière.

mardi 18 décembre 2012

Une alternative au charbon de bois.


La majorité des foyers au Sénégal utilisent le bois comme combustible, directement comme bois de chauffe ou pour la fabrication de charbon de bois.

Mais le Sénégal, qui compte aujourd’hui 13 000 000 habitants, ne pourra plus longtemps faire supporter une telle pression sur ses forêts.

Le constat est déjà très lourd dans le nord du pays et dans le Sénégal oriental. Il a donc fallu se pencher sérieusement sur de réelles solutions alternatives. D'un côté les foyers améliorés, qui sont appréciés par les populations mais dont le coût d’achat est parfois élevé. De l'autre le gaz naturelle, mais cela ne vaut que pour la ville, car le gaz est beaucoup trop coûteux en milieu rural. Enfin il y a maintenant le charbon de paille : un procédé simple, efficace, peu coûteux qui nécessite une matière première abondante dans nos campagnes !

Nébéday travaille depuis deux ans sur la mise au point d’un charbon « vert » qui se rapprocherait le plus possible du charbon de bois traditionnel. L'unité de carbonisation mise au point pour la production du charbon est élaborée intégralement avec de la matière première locale et réalisée par le forgeron de Toubacouta. L'ensemble est simple et robuste et ne demande pas de source d’énergie autre que l'endurance de 3 à 6 personnes. Maintenant que l’on a réussi à obtenir un produit de qualité, Nébéday travaille à sa vulgarisation.

Décembre, la saison des pare feux

La paille est sèche et prête à être fauchée avant quelle ne s’enflamme par la faute de quelques chasseurs peu consciencieux ou de récolteurs de miel sauvage. Nos tournées de cinéma-débat parviennent à mobiliser de nombreux villageois pour venir couper cette paille dans les couloirs pare-feu ; la paille est ensuite transportée dans les villages pour y être transformée en charbon de paille.

Une équipe de Nébéday sillonne les villages avec une unité de carbonisation. Ces séances servent d’une part à montrer le procédé à l’ensemble des villageois, mais aussi a former les groupements qui seraient intéressés par sa fabrication et sa commercialisation. Nébéday appuiera ensuite techniquement  les personnes volontaires pour professionnaliser cette nouvelle filière de charbon de paille.


A ce jour 4 villages ont reçu la visite de cette unité de carbonisation.

Etape de carbonisation de la paille

Mélange du poussier et du liant

lundi 10 décembre 2012

Luttons contre les feux de brousse

La saison de reboisement, qui correspond à la saison des pluies, est désormais finie et a fait place à la saison sèche qui est déjà bien installée.

La paille, si verte il n’y encore pas si longtemps, a très vite séchée sous l’effet du vent chaud venu du désert. Cette paille, omniprésente dans nos paysages, devient un matériau de premier choix pour nourrir les feux de brousse.

Plus de 1500 feux de brousse se déclenchent chaque année au Sénégal.

Ces feux de brousse causent des dégâts considérables pour notre pays :
  • Ils compromettent la régénération naturelle.
  • Ils mettent en danger la biodiversité.
  • Ils détruisent le fourrage pour le bétail.
  • Ils contribuent à l’érosion et au lessivage de la terre arable.

Ces désastreuses conséquences poussent progressivement les populations dans un cercle vicieux d’appauvrissement.
Épuisement d'un feux de brousse aux abords de Sangako

Nébéday fait le maximum au côté des populations pour combattre ces feux de brousse et protéger ainsi notre environnement, nos ressources et l’avenir de nos enfants.

La réunion de la semaine passée, organisée avec l'équipe de Nébéday, les chefs de villages, les écogardes, les présidents de groupement féminins et des ASC ainsi que les notables de la zone, a signifié le lancement de la campagne de lutte contre les feux de brousse.

A la demande des participants, Nébéday sillonne les 15 villages périphériques de la forêt de Sangako pour y tenir des séances de cinéma-débat. Des images fortes sont diffusées sur la grande place du village pour conscientiser davantage et mobiliser les foules à se rendre en masse aux abords de la forêt pour y tailler des pare-feux. Ces séances de cinéma-débat permettent de faire remonter et partager les idées pertinentes et ainsi mettre en place sur le terrain des initiatives locales choisies et avalisées par l’ensemble de la communauté : le gage de la réussite et de la pérennité du projet.

La première matinée de pare-feux qui s’est tenue jeudi matin dernier a mobilisé plus de 120 personnes. Réunissant femmes, enfants, hommes et même quelques anciens, ce fut une grande satisfaction pour tous que de voir autant de monde réunis. Les villageois ont l’habitude d’aller couper de petites quantités de paille pour la fabrication de leur palissade ou des toitures, c’est un travail difficile qui est généralement confié aux hommes. Il y avait pourtant une majorité de femmes alors que décembre est la saison de la récolte du bissap et du décorticage des arachides, des activités traditionnellement confiées aux femmes.

Jeune anacardier avec sa protection contre
 les singes et le bétail

Plantation d'un jeune anacardier




La réalisation de pare feux consiste à faucher la paille à l’aide de faucilles ou de machettes sur une largeur de 15 m. Cette année, il a été décidé que nous réaliserions des pare feux prioritaires d’une longueur totale de 9 km dans des couloirs stratégiquement placés, couloirs bloquant le feu porté par le vent du nord est. Dans ces couloirs ont été plantés 5000 anacardiers durant l’hivernage.

Il va maintenant falloir tenir le rythme et aller jusqu’au bout du travail pour optimiser nos chances de voir la forêt préservée des feux de brousse cette année.

 Paysage préservé des flammes près du village de Sandicoly. On y récolte le vin de palme .

mercredi 28 novembre 2012

Introduction du plan de gestion de la forêt de Sangako


Ce jeudi 22 Novembre s'est tenue à la maison communautaire de Toubacouta une réunion de grande importance pour la poursuite de la bonne gestion de la forêt de Sangako.

Cette réunion a été l'occasion de réunir Mr Dianko le président de la communauté rurale de Toubacouta, les représentants régionaux des Eaux et Forêts ainsi que les chefs des villages environnants. Ils ont été accompagnés par les présidentes des associations de femmes, les présidents des associations de jeunes, un écogarde de chaque village ainsi que les notables de la zone.

Ces mois passés, chacun d'entre nous a fait beaucoup d'efforts pour assurer un reboisement important de la forêt de Sangako. L'ensemble des chefs de villages ont su mobiliser les villageois pour se rendre en forêt, malgré les pluies et la chaleur, pour planter et protéger le maximum d'arbres. Les agents de Nébéday ont été sur le terrain chaque jour. Et c'est ainsi que 5 000 arbres ont été plantés!

Jean Goepp, l'initiateur du projet, a remercié et félicité l'ensemble de la communauté pour ce travail collectif réalisé avec brio.

Cette réunion fut surtout le moment de soulever des points très importants concernant la suite des activités à mener. Bien que les pare-feux ont été aménagés, ils ne seront efficaces et autonomes que dans quelques années, quand les anacardiers plantés auront atteint leur taille adulte. Aujourd'hui, ils sont très vulnérables face aux feux de brousse, tout comme la forêt qu'ils doivent à terme protéger. Le plus gros du travail reste donc à faire.

Beaucoup de participants ont pris la parole, et après de nombreux échanges fructueux, il a été décidé que Nébéday allait recommencer une tournée de cinéma-débat dans l'ensemble des villages avec un film insistant davantage sur les dangers des feux de brousse. Dans les jours suivants la projection, les populations retourneront aux abords de la forêt au niveau des plantations pour faucher la paille. Si, malgré les mesures prises, les feux parviennent tout de même à se déclencher, les villageois et les membres de Nébéday préalablement équipés, interviendront physiquement pour stopper l'avancée des flammes.

La paille ainsi fauchée servira à la fabrication de bio charbon. Une unité mobile fera le tour des villages pour récupérer la paille et former les gens désireux d'apprendre la méthode. Par la suite, Nébéday pourra accompagner les groupements souhaitant se lancer dans la fabrication et le commerce de charbon de paille.

Une prochaine réunion d'envergure devra se faire dans quelques semaines. Celle-ci concernera avant tout les femmes et la coopérative.

vendredi 23 novembre 2012

Du moringa pour les enfants


A l'occasion de la journée mondiale de l'enfance, Nébéday a animé un atelier autour du moringa dans le village de Médina Sangako.

Cette journée mondiale de l'enfance, décrétée par l'ONU en 1954, a l'ambition d’être une journée de fraternité mondiale et de compréhension envers les enfants, une journée d’activités favorisant le bien-être des enfants du monde entier. La date du 20 novembre a été choisie en souvenir du jour de l’adoption par l’Assemblée de la Déclaration des droits de l’enfant en 1959, et de la Convention relative aux droits de l’enfant, signée en 1989.

Nébéday travaille depuis ses débuts à la vulgarisation du moringa oleifera qui est un arbre dont les feuilles sont un excellent complément alimentaire pour les enfants en croissance. Les agents de Nébéday organisent des causeries auprès des femmes dans les villages, les maternités, à la radio. Ces causeries sont l'occasion de préparer des repas additionnés de moringa. Ces repas sont bien adaptés aux adultes mais il est plus difficile d'en faire manger aux enfants; Il fallait trouver une recette dont les enfants soient particulièrement friands. Nous avons donc choisi d'enrichir du mbouraké avec de la poudre de feuille de moringa. Le mbouraké est un mélange de mil, de pâte d'arachide et de sucre très prisé par les petits. Mardi 20 novembre, l'ensemble des invités de la cérémonie ont pu déguster ce mbouraké enrichi au moringa et les avis ont été unanimes : c'est délicieux!


Poudre de feuilles de moringa
Mbouraké traditionel
Plus les mères de familles varieront les recettes à base de moringa et plus les doses journalières recommandées pourront être atteintes. Nébéday travaille sur un petit guide de recettes de cuisine à base de moringa oleifera. La diversité des préparations permettra de varier les saveurs, mais aussi de diversifier l'assimilation des vitamine et minéraux présents dans la feuille.

Même les enfants participent aux plantations de moringa

jeudi 15 novembre 2012

Radio Niombato


Une bonne communication sociale est la garantie d'un projet réussi et dans ce domaine la radio communautaire détient un immense potentiel.

Grace à la radio communautaire, le message n'est plus vertical mais réellement horizontal avec une participation de tous les acteurs du projet. Les émissions radio participatives permettent de consolider efficacement les actions de terrain.

L'analphabétisme est grand en zone rurale, surtout chez les femmes, mais il ne doit pas être un frein à l'information et à la participation des villageois à la gestion de leur terroir et pour notre cas à celui de la forêt de Sangako. D'autant plus dans une société à tradition orale comme la nôtre.

l'animateur de radio Niombato au travail
10 émissions ont déjà été diffusées sur les ondes de la radio communautaire du Niombato basée à Soucouta. Tout le Niombato a pu écouter les femmes de Sandicoly raconter leur initiation à l'apiculture ou celles de Batamar vanter les mérites de leur café de graines de baobab. Les émissions ont aussi grandement aidé à mobiliser les milliers de villageois qui ont contribué à la campagne de reboisement durant l'hivernage où tout de même 5000 arbres ont été plantés dans la forêt classée de Sangako.

La radio bénéficie d'un important potentiel d'influence dans sa zone. Nébéday espère mettre à contribution une fois de plus tout ce potentiel pour mobiliser les villages environnants la forêt dans la lutte contre les feux de brousse. La saison des pluies est terminée depuis quelques semaines et la paille sèche sur pied à toute vitesse. Dans quelques semaines n'importe quelle petite étincelle pourra transformer la forêt en véritable brasier et réduire à néant tous les efforts de reboisement fait durant l'hivernage.

Espérons que radio Niombato réussira à nouveau le challenge qui fait sa raison d'être : mobiliser les villageois et les rendre conscient de leur impact et de leur capacité à se mobiliser positivement pour leur terroir.

Moussa Mané, responsable de la radio de Soucouta et son animateur devant leurs locaux

mardi 30 octobre 2012

Une agriculture alternative est possible


"Il a fallu des millénaires pour que la terre nourricière à laquelle nous devons la vie puisse se constituer"
Pierre Rabhi


Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est l'un des pionniers de l'agroécologie.

L'agroécologie est une alternative au système de l’agriculture industrielle fondée sur le profit au détriment des grands équilibres environnementaux. Elle est un moyen d’accéder à l'autosuffisance alimentaire tout en économisant les ressources, en diminuant les pollutions et en respectant la santé.

L'agroécologie c'est l'art de concilier une agriculture durable, écologiquement saine, économiquement viable et socialement juste.


Années après années, les terres engendrent les mêmes semences, s'intoxiquent des abus de pesticide, sont meurtries par les labourages répétés, lessivées par les violentes pluies de l'hivernage puis balayées par l'harmattan... Il ne nous restera bientôt plus qu'une croûte sèche sur laquelle plus rien ne poussera.

Mais prenons conscience qu'aux origines, cette terre nourricière n'existait pas, elle s’est constituée petit à petit...Sauf que là, ce que la nature a conçu en plusieurs millénaires, nous devons pouvoir le réaliser en quelques années!

Pour cela, nous avons à disposition plusieurs pratiques agricoles comme l'utilisation de paillis, l’absence de travail du sol, la gestion de l'irrigation, les associations culturales, la protection intégrée des cultures, et bien d'autres encore...

L'agroécologie consiste à définir des pratiques qui imitent les processus naturels créant ainsi des interactions et synergies biologiques bénéfiques entre les composantes de l’agroécosystème.

C'est en s'inspirant de ces principes que Nébéday accompagne les femmes dans leurs activités de maraîchage.

Beaucoup de femmes ont pris l'habitude d'utiliser des produits industriels, mais du fait de l'analphabétisme important chez les femmes, ces produits chimiques sont mal utilisés et nuisent à la santé des agricultrices, de leurs familles et de leurs terres.
Les animatrices de Nébéday se rendent le matin dans les parcelles de maraîchage pour expliquer concrètement aux femmes comment réaliser un bon compost, comment l'utiliser et surtout quel est son intérêt.
Elles discutent aussi longuement sur la manière d'utiliser certaines essences locales, telles que le neem, comme insecticide naturel. Le neem est ainsi très efficace aussi bien pour prévenir que pour guérir des invasions de nuisibles en tout genre.
Les femmes ont aussi adopté les moringas oleifera dans leurs champs que ce soit pour participer à la création de haies vives qui vont faire office de brise vent et de pare-soleil léger, que pour les associer aux cultures et envisager ainsi de faire un petit commerce des feuilles de moringa (ces feuilles sont un excellent complément alimentaire, surtout pour les femmes enceintes et les enfants).

Des pépinières de Leucaena leucocephala ont débuté. Ces arbres sont reconnus pour leur efficacité à fixer l'azote et pour leur production importante de biomasse. Les feuilles en tombant vont engraisser le sol et servir de fourrage pour le bétail. Leur croissance est relativement rapide, ils sont donc une source possible de bois de chauffe.  Il est prévu que ces arbres soient plantés en bordure des champs en début d'hivernage. 

Des pépinières de jujubiers sont aussi lancées. Les jeunes arbres sont prévus pour recevoir des greffons de jujubier améliorés tel qu'on en trouve au Mali. Les jujubes du Mali sont presque dix fois plus gros que nos petits jujubes sénégalais. Les enfants en raffolent et sa pulpe est riche en vitamine C. Les jujubiers, poussant relativement vite et étant pourvus de beaucoup d'épines, peuvent être intégrés dans des haies vives. Mais surtout, le jujubier a une grande valeur économique et nutritionnelle, sa culture va ainsi permettre d’augmenter les revenus et le statut nutritionnel des agriculteurs et de leurs familles.

Un autre groupement de femme est en train de se former à l'apiculture. Grace au travail de pollinisation des abeilles, la pratique de l'apiculture à proximité des champs va accroître le volume des rendements agricoles, sans effort pour les agriculteurs, avec en plus l'espoir d'une belle récolte de miel. Le miel va lui aussi permettre d'augmenter les revenus et le statut nutritionnel des familles.


Nébéday travaille à conscientiser les populations sur la richesse et l'importance pour notre équilibre de nos ressources naturelles. Si elles sont bien gérées, nos ressources nous offrent les aliments qui nous nourrissent, les médicaments qui nous soignent et même l'argent qui envoie nos enfants à l'école.