lundi 27 mai 2013

Solutions pour un maraichage en zone sahélienne

Cultiver en zone sahélienne en dehors de la saison de pluies n’est pas une mince affaire, mais c’est une activité indispensable pour les femmes. Elles en tirent deux bénéfices directs :
  • Une alimentation plus variée, car les légumes sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.
  • Une activité économique d’appoint, pour pourvoir aux besoins essentiels de la famille. Et aujourd’hui au Sénégal l’offre de légumes sur les marchés est encore largement inférieure à la demande.
Après un état de lieux nous pouvons citer les principaux obstacles que rencontrent les femmes :
  • L’accès à la terre
  • L’approvisionnement en eau, il n’est pas rare de creuser jusqu’à plus de 35 m pour trouver de l’eau dans la région de Tambacounda.
  • L’avidité du bétail, surtout en saison sèche, rien ne les arrêtent
  • L’infestation par les parasites et les insectes ; L’analphabétisme est grand chez les femmes, l’utilisation de pesticides chimiques est d’autant plus dangereux.
  • L’achat de semence de qualité
  • L’érosion
  • L’implacabilité du soleil
Nébéday et le groupement de femmes Heramakono de Kotiary se sont concertés pour faire cet état des lieux et trouver ensemble des solutions à ces problèmes rédhibitoires.

regroupement des femmes de l'association Aliniha Heramakono

Nébéday a détaillé le concept de périmètre agroforestier qui a vocation à couvrir une grosse partie des besoins en ressources végétales des familles. Au sein de ces périmètres on trouvera des activités de maraîchage, un verger, des haies vives constituées de plantes à fortes valeurs commerciales, de bois pour les besoins de charbon, de plantes médicinales et d’espaces plus sauvages où les femmes pratiqueront la méthode de la régénération naturelle assistée.

Des activités polyvalentes sont la garantie d’une présence plus constante et donc d’un meilleur suivi, indispensable pour un résultat de qualité.

A l’heure actuelle, le groupement de femmes Heramakono pratique le maraîchage sur le terrain de la case Aliniha jusqu’à ce qu’elles obtiennent un terrain plus conséquent à Kotiary où elles pourront appliquer à grande échelle le concept de périmètre agro forestier.

C’est dans cette optique que les agents de Nébéday ont transféré aux femmes des méthodes de maraîchage améliorées et adaptées à la rudesse de notre climat (en ce moment, Tambacounda c’est 45°, le sable vous brule les pieds et l’air assèche tout ce qu’il touche, …).

Parmi ces méthodes on retrouvera :
  • La culture associée du moringa oleifera. Ces racines profondes n’entrent pas en concurrence avec les légumes et son feuillage offre une ombre légère aux jeunes pousses fragiles et participent à limiter l’évaporation. Le moringa est planté autour des planches et de la parcelle.
  • La culture du vétiver dont les très longues racines forment un mur souterrain qui retiendra l’eau. Le vétiver est placé comme le moringa, autour des parcelles et autour des planches mais on veillera surtout a en placer tout autour des puits et points d’eau naturels. On n’associera pas le moringa et le vétiver dont les racines se feront concurrence.
  • La culture en butte ; Celle-ci consiste à creuser une fosse d’1 m 20 de large et de la longueur voulue sur une profondeur de 35 cm. Cette fosse sera comblée de bois, de fumier et de paille. On y ajoutera sur l’avant dernière couche d’autres fertilisants que l’on a sous la main comme des feuilles de neem, de la poudre d’os, du poussier de charbon,… On recouvre l’ensemble de la terre évacuée. Cette combinaison permet d’enrichir le sol et de limiter l’arrosage car l’eau sera mieux retenue par le bois en décomposition qui petit à petit se transformera en compost. De telle planches peuvent durer plus de dix ans !
  • La fabrication de compost fait d’un mélange de paille et de fumier
  • La technique des zaï. Les plants sont enterrés dans de large et profond trou, préalablement comblé de paille et de bois. Une fois le plant mis en terre et recouvert, la base du trou sera inférieure au niveau du sol et l’excédent de terre formera une diguette afin de limiter le ruissellement des eaux de pluies et le gaspillage des eaux d’arrosage.
  • La maîtrise des pesticides naturels tel que le neem, dont les feuilles font un excellent fertilisant, leur macération offre un purin efficace contre bon nombre de ravageurs. Les graines donnent une huile au spectre d’action encore plus puissant que les feuilles. Les feuilles seront utilisées comme préventif et l’huile comme curatif. L’huile a aussi un gros potentiel économique sur le marché.


Sous réserve que les femmes soient organisées en GIE, qu’elles aient réfléchi à la pérennisation du système, qu’elles aient mis en place un plan d’amortissement et qu’elles continuent à suivre les formations que dispensent les animatrices, Nébéday les aidera à financer le gros œuvre ainsi que le petit matériel indispensable telle que les bottes, les arrosoirs et les semences de qualité jusqu’à ce qu’elles arrivent à mettre au point les leurs.

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