mardi 6 mars 2012

Avis aux amateurs de café


Nous sénégalais sommes de grands consommateurs de café, mais bizarrement nous ne consommons que deux qualités de café : le café Touba et le nescafé instantané.

Le café Touba tire ses origines de l’époque de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme. Il a rapporté de son exil au Gabon une épice, le diar (fruit séché du Xylopia aethiopica), qu'il a eu l'idée de mélanger au café importé par les colons. Le diar est utilisé en médecine traditionnelle pour ses propriétés anti-microbienne, il est réputé contre la grippe, les bronchites ou la dysenterie. Depuis, ce café s'est imposé dans tout le Sénégal, il est consommé par 70 % de la population. Le Sénégal, n'étant pourtant pas un producteur de café, est devenu un exportateur !

Torréfaction artisanale





Mais parce que la nature est généreuse, il se pourrait en fin de compte que sans le savoir le Sénégal soit aussi un "producteur". Le baobab, cet arbre déjà si généreux, offre des graines qui, une fois torréfiées, font un succédané de café au goût très savoureux. Si ces graines sont torréfiées avec le diar, il n'y a même presque plus de différence de goût. Quant on sait que la graine représente 65% du poids du fruit, on se rend compte qu'il y a là un potentiel énorme. 


Le café de bouye saura t-il ravir les papilles de nos compatriotes aussi bien que le café Touba ou le nescafé ? Voila en tout cas un débouché plus qu'intéressant pour les transformatrices du Saloum et de Tambacounda qui sont progressivement initiées à la torréfaction artisanale par nos animatrices.

A ce jour, Nébéday a formé plus d'une centaine de femmes à la torréfaction des graines de baobab et l'ensemble du café fabriqué lors des formation s'est à chaque fois vendu dans la journée. De nombreuses femmes préparent désormais le café pour leur famille tandis que d'autres le préparent pour le vendre dans leur cantines.
Fin de formation et dégustation du "café" de baobab


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