lundi 14 mai 2012

L'anacardier comme solution aux feux de brousse



La création de pare-feu est une solution qui a fait ses preuves pour lutter contre les feux de brousse. Cela consiste à faucher la paille sur de longs couloirs placés à des endroits stratégiques dans la forêt.  

Pour ne pas refaire le travail systématiquement tous les ans, on plante dans ces couloirs des anacardiers sous lesquelles la paille ne repousse pas. Les feuilles de l'anacardier sont grasses et brulent très mal. Le couvert est très dense, la lumière ne filtre plus en dessous. Ne trouvant plus de matière sèche à bruler le feu est bloqué dans sa course et la forêt située de l'autre coté est préservée.

L'anacardier, en plus d'être un pare-feu efficace, regroupe plusieurs intérêts :
  • Ses branches doivent être taillées régulièrement, le bois ainsi coupé fera un très bon charbon. 
  • De ses fruits on tire la noix de cajou très appréciée et la pomme cajou dont on peut obtenir du jus, du sirop ou encore des confitures. 
  • L'anacardier peut aussi être une solution pour un problème de plus en plus ennuyeux : les babouins. Ceux-ci ont été introduits dans les années 90 d'une manière mystérieuse et ont proliféré à toute vitesse. Ils seraient presqu'une centaine aujourd’hui et n'ont aucun prédateurs! Ils n'hésitent plus du tout à se rapprocher des villages et à piller les champs pour se nourrir. Planter des anacardiers dans la forêt serait donc l'occasion de leur offrir les fruits dont ils raffolent ce qui pourrait limiter leurs intrusions dans les zones de cultures.

Fruit de l'anacardier et sa graine, la noix de cajou
Les agents de Nébéday ont sélectionné des graines de qualité auprès des producteurs de la zone et ont entamé la mise en place de pépinières villageoises. Les jeunes plants pourront ainsi être plantés à partir de fin juillet à la saison des pluies.


mercredi 2 mai 2012

Les premiers pas de Nébéday à Sokone

A l'occasion du 1er mai, le centre de formation professionnel Catalunya de Sokone a proposé à l’équipe Nébéday de participer à un défilé : l’Olympiade des métiers.

Remise des sacs plastiques récoltés
en vue d'être recyclés

Les jeunes sokonois ont défilé dans les rues avec un objectif : ramasser un maximum de déchets plastique afin de les recycler. Ce défilé était aussi l'occasion de découvrir les différents corps de métiers de la ville.

Le cortège a fait un arrêt à SOPREFF, une usine de transformation en agrocarburant du Jatropha récemment inaugurée.

Les sacs plastiques ramassés durant toute cette matinée ont ensuite été remis à un menuisier métallique pour qu'il les transforme en casques.

Le cortège s'est arrêté dans les nouveaux locaux Nébéday de Sokone où l'on a pu présenter nos pépinières ainsi que les différentes actions que nous mènons dans la région.

mardi 1 mai 2012

Initiation au maraichage bio

Une équipe de Nébéday s'est rendue auprès de l'Association des femmes Aliniha Autogérée dénommée KHERAMAKONO à Kothiary afin de les former à la pratique du maraichage bio.

Le formateur, Jean Claude Drunet, a donné de nombreux conseils qui permettront aux femmes d’améliorer leur rendements.

Parmi eux il y avait :
  • La pratique du compostage, qui permet d'enrichir considérablement le sol et permet de diminuer d'un tiers la quantité de déchet organique d'un foyer.
  • Le paillage, qui consiste à recouvrir le sol de déchets organique afin de le nourrir et de le protéger.
  • Les bonnes pratiques de l'arrosage.
  • Comment mettre en place une planche de culture biologique.
  • L'utilisation des végétaux pour améliorer le rendement ( par exemple : le neem, l'acacia albida, le vetiver).
Le neem est un puissant pesticide, insecticide et fertilisant

Cette journée a aussi été l'occasion d'apprendre aux femmes à planter un arbre dans de bonnes conditions.

Pour de petits arbres (nebeday, papayer,...)
  1. Définir un trou de 40x40
  2. Creuser 1/3 de la partie supérieure de la terre, la mettre d’un côté
  3. Creuser 2/3 restant et mettre la terre de fond de l’autre côté
  4. Mélanger 5 kg de fumier avec les 2/3 de terre de fond
  5. Mélanger 3 kg de compost avec les 1/3 de la terre de surface
  6. Reboucher le trou avec les 2/3 de terre de fond en premier
  7. Et les 1/3 de la terre de surface en dernier
  8. Planter votre arbre
  9. Arroser abondamment avec 20 l d’eau
  10. Enfin, mettre de la paille

Pour de grands arbres (manguiers)
  1. Définir un trou de 80x80
  2. Et renouveler le même processus



L'arrosage garanti une bonne reprise

mardi 24 avril 2012

L'éducation environnementale social et financière avec Aflatoun


L’association Nébéday a organisé des sessions de formation Aflatoun des enseignants les 14, 15, 21 et 22 Avril 2012.

La formation a été organisée au Conseil Régional de Fatick pour 7 écoles de la zone. Il s’agit des écoles de Diaglé, Dioral, Poukham Tock, Fayil, Mbouma, Ngouloul Peul et Ouyal Sandé Sérère. Au total, 45 enseignants étaient présents lors de cette formation ainsi qu'un représentant de l'Inspecteur d’Académie et un représentant du Conseil Régional de Fatick. Cette formation a été dispensée par le maître formateur Aflatoun Gérard Madjiby Sambou et le facilitateur Moussa Sarr.

Contenu de la Formation :
  • Séquence 1 : Aperçu et Présentation
Le contenu et les objectifs de la formation ont été énoncés afin d’amender le programme de ce séminaire. Ce dernier se composait d’ateliers de travail et de séances plénières de restitution.
  • Séquence 2 : Personnage et Devise du programme Aflatoun
Les enseignants sont répartis en groupes pour lire des extraits des livrets et préparer une leçon de simulation suivi de commentaires et de réactions.
  • Séquence 3 : Compréhension personnelle et Exploration
Aflatoun insiste sur la Compréhension Personnelle et l’Exploration, puis comment ce concept est enseigné dans les livres. Après le jeu activateur, les enseignants ont été mis en sous groupes pour lire un chapitre du livret et préparer une leçon de simulation. Discussions et feedback s’en sont suivis.
  • Séquence 4 : Droits et Responsabilités des enfants
L’objectif est de faire connaître la CDE (Convention sur les Droits de l’Enfant) aux enseignants qui ne la connaissent pas encore. Démystifier la CDE en démontrant aux enseignants qu’au lieu d’être un document légal encombrant, il est plutôt basé sur des principes de bon sens et des aspirations largement partagées.
  • Séquence 5 : Epargne et Dépenses
Les participants sont constitués en sous-groupes. Chaque groupe devrait alors lire les chapitres du livre proposés et préparer une leçon de simulation. Ils devraient préparer la leçon comme si celle-ci était destinée aux enfants. Après les leçons de simulation, s’en suivent des discussions et feedback.
  • Séquence 6 : Théâtre d’Images et la narration d’histoires comme outils de la participation
Après un jeu activateur, un autre jeu sur la spontanéité pour aider les participants à discuter et explorer ce qu’on veut dire par la spontanéité.
  • Séquence 7 : Planification et Budgétisation
Même procédure comme les autres séances.
  • Séquence 8 : Entreprise sociale, financière et environnementale des enfants
Des sous groupes ont lu des extraits des livres, précédés par une introduction du formateur sur le concept d’Entreprise. Puis les sous groupes préparent et planifient des projets (Entreprises sociale, financière et environnementale). L’atelier de l’entreprise environnementale a été animé par Moussa Sarr. A la fin du travail, les sous groupes ont présenté devant tous les participants et ont écouté les réactions.
  • Séquence 9 : Sexes
L’histoire du chirurgien est racontée par le formateur. La question " ne peuvent pas parce que... " est posée. Une façon amusante de réfléchir sur nos propres préjugés en matière de sexes. Il s’agissait de demander aux participants : qu’est-ce que l’homme peut et la femme ne peut pas et vice-versa.

Evaluation de la formation
Les enseignants ont eu chacun une fiche à remplir pour mentionner leur impression par rapport à la formation Aflatoun.

Déroulement de la formation Aflatoun à Fatick                     

jeudi 19 avril 2012

Lancement de la tournée de cinémas-débats


Les activités autour de la forêt de Sangako se poursuivent. En plus des activités de transformation des ressources forestières, les agents de Nébéday ont commencé à sensibiliser les villageois au problème de la gestion de la forêt de Sangako en débutant une campagne de cinéma débat itinérant à travers tous les villages périphériques de la forêt.

Prise de parole
Le cinéma débat est un très bon outil pour ouvrir le dialogue avec l'ensemble de la communauté. C'est l'occasion de réunir les jeunes, les femmes, les hommes et les anciens et de discuter ensemble d'un problème concernant tout le village. Chacun peut ainsi prendre la parole et échanger sur son vécu.

La semaine dernière, l'équipe de Nébéday a présenté aux villageois de Sandicoly et de Batamar un film sur la déforestation massive que subissent le nord et l'est du pays. Les images ont interpellé tout le monde et les commentaires ont fusé dès la fin du documentaire. Car même si la déforestation ne se fait pas encore à cette échelle "industrielle" dans cette zone, elle se fait quand même lourdement sentir. Les vieux ont fait remarquer que de nombreuses espèces d'arbres avaient disparu alors que celles-ci se révélaient très utiles au vue des fruits qu'elles donnaient ou des maladies qu'elles soignaient. Les femmes doivent aller toujours plus loin pour récolter de bois pour la cuisine. La forêt prend régulièrement feu à cause des fumeurs négligents, des récolteurs de miel sauvage.
Cinéma débat dans un village du Saloum
Une telle réunion permet de pointer du doigt les problèmes mais aussi et surtout de commencer à envisager des réponses. On ouvre ainsi le débat pour entamer une relation durable avec les villageois. S'ensuivront de nombreuse réunions avec les anciens, les groupements féminins, les associations sociales et culturelles de jeunes... Le cinéma débat est donc un très bon outil de communication social qui permet d'établir un dialogue fort avec toutes les parties prenantes.

Arbre écorché dans la forêt de Sangako
A titre d'exemple, dans les villages de Sandicoly et de Batamar, des idées et des problèmes sont sortis de la manifestation. Les jeunes ont proposé de constituer des équipes de surveillance. Quant aux femmes, elles ont suggéré de planter un arbre pour chaque arbre abattu, ou encore de planter un bois domestique pour l'approvisionnement en charbon. Les hommes ont parlé de réaliser de grands pare-feu stratégiques ou on faucherait la paille pour y planter des anacardiers.


La volonté des villageois à s'impliquer dans la gestion de leur forêt se révèle à chaque rencontre un peu plus forte. Les agents de Nébéday sont à pied d'œuvre sur le terrain avec eux pour qu'ensemble on arrive à mieux protéger la forêt de Sangako.

lundi 26 mars 2012

Le neem, une alternative aux pesticides

Graines de neem presque à maturité
Le neem, ou Azadirachta indica, est un arbre qui a été introduit dans nos régions dans les années cinquante et qui s'est depuis parfaitement adapté. On en dénombrerait ainsi près de 25 millions ! Le neem est originaire d'Inde où il est utilisé depuis des milliers d'années dans la pharmacopée traditionnelle. Les tradipraticiens sénégalais l'ont très vite adopté, principalement pour ses propriétés antipaludiques.

Cet arbre pousse sous un climat semi-aride à semi-humide et supporte même les climats aux précipitations inférieures à 500 mm. Il montre peu d’exigences vis-à-vis des sols, s’accommodant de terres maigres, pierreuses ou sableuses. Au Sénégal, les arbres mesurent 10 à 12 m, sont très résistants aux feux de brousse et peuvent produire jusqu’à 50kg de fruits, ce qui équivaut à 30kg de graines. Autant dire que le potentiel du neem est réel.

Le neem produit par ses fruits, ses feuilles, ses fleurs et son écorce plus d’une centaine de substances chimiques, dont l’une d’elles (l’Azadirachtin) est l’un des bio-insecticide les plus performants qui soit. L’action biologique du neem permet ainsi de lutter naturellement contre plus de 400 espèces d’insectes ravageurs, dont certaines sont résistantes aux pesticides chimiques.

Les pesticides sont dangereux pour l'environnement, mais aussi pour la santé des agriculteurs qui manipulent ces substances toxiques. Cancers, troubles neurologiques et respiratoires, stérilité et malformations fœtales sont autant de conséquences néfastes de l'utilisation des produits phytosanitaires. Le neem, quand à lui, est sans danger pour la santé des individus et des animaux, il est même plein de bénéfices pour ses utilisateurs : c'est par exemple un puissant antiparasitaire interne et externe.

Dans la production agricole ou forestière, l'utilisation du neem permettrait la mise en place de procédés efficaces et respectueux de l’environnement pour les cultures nécessitant des pesticides (parasites), des fongicides (champignons) ou des insecticides (insectes). C'est aussi un fertilisant foliaire qui a fait ses preuves.

Les débouchés des produits issus de la transformation du neem sont nombreux :
  • L'huile peut être utilisé comme pesticide naturel, comme ingrédient cosmétique ainsi que dans la fabrication de savon.
  • Le tourteau issu de la pression des graines conserve ses propriétés fertilisantes et peut être utilisé comme thiouraye (encens) pour éliminer les insectes de la maison.
  • Les feuilles peuvent être réduites en poudre et être introduites dans certains cosmétiques et dans des préparation phytosanitaire
  • Le purin de feuilles (macération des feuilles dans l'eau) peut servir à assainir les animaux, le matériel et les locaux ou encore à préparer la terre d'une pépinière pour recevoir des semences ou des boutures.
  • Les jeunes branches vont servir de "brosse à dent" traditionnelle.
  • L'ensemble de la plante a des propriétés médicinales reconnues.
Le neem gagnerait donc à être mieux connu afin de ne pas servir essentiellement de bois pour la cuisine, ce que Nébéday va s'attacher à montrer par des formations.

Les premiers fruits commencent à sortir, les ateliers de formation à la transformation des graines de neem en huile, puis en savon, ainsi que la sensibilisation aux multiples usages du neem commenceront le mois prochain.

7ème édition semaine Alternatives aux Pesticides





La Semaine pour les Alternatives aux Pesticides est initiée par l’Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides, un réseau de 170 organisations créées par l’association Générations Futures. Depuis son coup d’envoi en 2006, cette initiative originale apparaît comme un événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et de prouver que l’on peut et que l'on doit se passer des pesticides.

Cette édition est la 7ème et plus de 700 événements sont recensés dans le monde. L’Afrique, quant à elle, va organiser pour la deuxième année consécutive la semaine pour les alternatives aux pesticides sous la coordination de PAN (Pesticide Action Network) Africa.

Le marché mondial des pesticides est d’environ 40 milliards de $US par an (2008) et l'Afrique ne représente que 4% de ce marché (soit 1,5 milliard $US). Malgré l’utilisation de ces produits chimiques, les pertes occasionnées par divers ravageurs et maladies se montent à 50% en Afrique.

Selon l’OMS, 30% des pesticides vendus dans les pays en développement ne sont pas aux normes acceptées mondialement. Sachant qu'un pesticide "aux normes" est loin d'être sans danger comme des procès en cours en Europe l'illustrent.

Les producteurs africains sont certainement les moins équipés pour se protéger et protéger leurs communautés contre les effets néfastes des pesticides. Dans leur grande majorité ils ne sont pas  alphabétisés (donc ne peuvent pas lire les instructions sur les étiquettes), ils ne sont pas formés sur les techniques agricoles, n’ont pas un accès facile aux informations pour mener à bien leurs cultures. Ainsi, même si l’Afrique utilise un volume moins important de pesticides qu’ailleurs dans le Monde, les faibles quantités utilisées présentent des risques très élevés pour la santé et l’environnement.

Dans de nombreux pays en développement, les enfants sont plus exposés aux risques d’intoxication par les pesticides que les adultes, et ils ont besoin d’être protégés. Selon la FAO, le nombre annuel des intoxications d'enfants par ces produits se situe entre 1 et 5 millions, dont plusieurs milliers de cas mortels.

Les pays en développement, qui n’utilisent que 25% des pesticides produits dans le monde, enregistrent 99% des décès dus à ce type d’intoxication. En Afrique, le transport des substances dangereuses, leur stockage et leur utilisation ne sont pas totalement maitrisés. Les substances persistantes, bio-cumulatives et / ou toxiques, prolifèrent dans l’environnement entraînant pollution atmosphérique, marine ou terrestre.

Dans ces conditions, la première démarche consiste à limiter l’exposition à ces produits. Ceci passe par une sensibilisation des communautés !

Pour plus d’infos sur l’événement  www.semaine-sans-pesticides.com

Source : pan-afrique.org