vendredi 26 juillet 2013

Journée Aliniha International

Chaque année, le 25 juillet (qui est la journée Aliniha) est l'occasion de célébrer les femmes leaders au Burkina, au Mali et au Sénégal. Cette année, les femmes Aliniha du Sénégal, accompagnées par Nébéday, ont organisé une rencontre, de partage et de réflexion, des membres de leurs associations autogérées dans le village de Kothiariding à Tambacounda.


Aïssatou CISSOKHO, la Présidente de Benkadi, une des Associations Aliniha Autogérées, précise : "comme nous sommes organisées, que nous avons prouvé notre engagement, notre détermination et notre rigueur au travail, le Chef de ce village a décidé de nous octroyer une parcelle pour le maraichage".

Mené par les femmes, le village a organisé pour l'occasion un reboisement de 300 jeunes arbres et les autorités locales ont procédé à l'inauguration du périmètre maraicher octroyé aux femmes.

mercredi 10 juillet 2013

Formation au pressage du bio-charbon

A Tambacounda, les femmes des AAA (Associations Aliniha Autogérées) de Benkadi et de And Liguey ont suivi une formation au pressage de poussier (mélange de paille pyrolysée + eau et argile). Ce pressage permet d'obtenir des briquettes de bio-charbon destinées à la consommation et à la vente.


Cette formation s'est faite dans le cadre de l'organisation de la production du bio-charbon que les femmes sont en train de mener. En effet, les femmes de Tambacounda ont décidé de s'organiser de la manière suivante : les membres de l'AAA de Kothiary (en zone rurale) s'occupent de transformer la paille en poussier et les femmes des AAA de And Liguey et de Benkady (en zone urbaine) s'occupent du pressage en briquette et de la commercialisation dans la ville de Tambacounda.


Ce sont ainsi 105 kg de poussier qu'une brave équipe de femmes Aliniha a préparé et pressé. Le but de cette formation est que les femmes fassent d’abord plusieurs tests avant de commencer la production du bio-charbon à large échelle. Ces tests permettront aussi de faciliter l'actualisation des plans d’affaire avant la commercialisation du produit. En ce moment, une série de tests sur la qualité, sur la cuisson et sur diverses utilisations du bio-charbon est en cours.

mardi 25 juin 2013

Renforcement des capacités, condition sine qua non du crédit solidaire

Le renforcement des capacités se définit comme « les processus par lesquels les individus, les organisations et la collectivité dans son ensemble libèrent, créent, renforcent, adaptent et préservent les capacités au fil des ans » (CAD/OCDE, 2006).

Le groupement Heramakono a eu l'opportunité de bénéficier d'une formation sur le crédit solidaire transmise par Ini Damien, présidente d'Aliniha International mais surtout et avant tout une femme leader au sein de sa communauté.

Ini Damien, avant d'être la présidente d'Aliniha International, est la présidente de l'APFG, l'Association pour la Promotion Féminine de Gaoua. L’APFG travaille, dans le sud-ouest du Burkina Faso, à la mise en place d’activités économiques interdépendantes et autofinancées. Elle soutient l'entrepreneuriat féminin et incite les femmes à l’apprentissage et au partage des connaissances.

La démarche de la présidente, Ini Damien, est de faire prendre conscience aux femmes démunies de leurs potentialités et richesses. Par une combinaison harmonieuse de démarche tactique et stratégique, elle arrive à améliorer la situation des femmes de sa région, à vaincre les résistances socioculturelles pouvant s’opposer à toute remise en question et à asseoir de réels changements. Elle utilise toutes les pratiques disponibles pour combattre des problèmes comme l’excision ou l’accès à la terre.

Aujourd'hui, la micro-finance est un secteur en plein essor en Afrique de l'Ouest, mais mal gérée elle peut conduire à des dérives dangereuses comme un endettement excessif. Livrés à elles-mêmes, sans aucun suivi, ignorant les règles élémentaires de gestion, les bénéficiaires peuvent facilement se retrouver démunies pour honorer le remboursement de leur prêt. De la à contracter un autre prêt pour rembourser le premier, il n'y a qu'un pas à faire...

"Tant que les gens n'ont pas été à l’école, ils n'ont pas la capacité d'analyse. Ce n'est pas leur faute. Il faut démontrer le contraire, éveiller leur esprit" Ini Damien

Ini Damien entourée de Alou Keita et Jean Goepp, membres fondateurs d'Aliniha International
Ini Damien, présente au Sénégal pour la réunion annuelle du conseil d'administration d’Aliniha International, a tenue à dispenser elle-même une formation à l’Association Aliniha Autogérée Heramakono, formation portant sur le crédit solidaire, plus précisément sur les conditions à mettre en œuvre pour assurer sa réussite, diminuer le risque crédit.

A l’ordre du jour de la formation, 3 thèmes :
  • Gestion du temps
  • SEPO (Succès, Echec, Problème, Opportunité)
  • Connaissance de soi
Les formations continues en renforcement des capacités ont pour but d’amener les femmes bénéficiaires à plus d’autonomie et à plus de performance pour atteindre leurs objectifs dans un environnement exigeant, perpétuellement en évolution.

Le développement durable prend en compte trois composantes essentielles : le développement environnemental, social et économique. Le troisième point est essentiel car c’est lui qui assurera la pérennité du modèle. Sans rentabilité, les femmes qui sont avant tout des mères de famille avec des obligations abandonneront pour retourner a des activités parfois moins rentables, plus difficiles, aux conséquences sur l'environnement plus néfastes mais qu’elles connaissent et qu’elles maîtrisent, donc en lesquelles elles ont confiance.

C'est le rôle de Nébéday d’accompagner ses partenaires dans ce processus de pérennité, nous devons réussir à donner aux femmes confiance en elles. C'est le gage de leur réussite.

lundi 10 juin 2013

Inauguration de la case Aliniha

La journée mondiale de l’environnement s’est déroulée dans l’enthousiasme et la bonne humeur à Kotiary près de Tambacounda. Cette journée a été l’occasion d’inaugurer la case Aliniha de l’association de femmes Heramakono de Kotiary.



Pour l’évènement étaient présents Mme Anne Henricot, de la fondation Philipson, Ini Damien, Présidente d’Aliniha International, Alou Keita, Jean Goepp, Directeur de Nébéday, Mr le maire de Kotiary et les femmes de l’association Heramakono.

Anne Henricot de la Fondation Philipson

Ini Damien, Présidente d'Aliniha International

Jean Goepp, Directeur de Nébéday

Mr le Maire de Kotiary

Les remerciements et félicitations ont été distribués avec une générosité partagée entre chacunes des parties prenantes. Mais ce sont surtout les femmes qui ont longuement remerciées la Fondation Marie et Alain Philipson, pour son soutien technique et financier sans qui cette case n’aurait jamais vu le jour, mais aussi les animatrices d’Aliniha International qui les accompagnent au jour le jour dans la réussite de leurs projets ainsi que le maire pour sa présence au quotidien.

Ini Damien, la présidente d’Aliniha International, a conclu les discours en exhortant les femmes au travail : désormais elles ont l’espace, les outils et les compétences, il ne leur reste plus qu’à conjuguer l’ensemble pour le mettre à profit dans leur propre intérêt. Jean Goepp a insisté sur l’importance de la femme dans le processus de développement durable en Afrique de l’Ouest ; Les femmes doivent être les leaders de leur développement qu’il soit social, économique ou environnemental.

La journée s’est poursuivie par la visite des nouveaux locaux et une présentation des produits transformés par les membres de l’association. Puis les femmes ont présenté à leurs hôtes la technique de fabrication du charbon de paille qu’elles ont récemment appris. Pour finir chacun des invités a planté 2 arbres.

Découvrez en images les différentes étapes de fabrication du charbon de paille :







lundi 3 juin 2013

L’intérêt d'une pelle bien affutée

Prenons une image toute simple :

Vous voilà avec 50 arbres que vous devez mettre en terre, il vous faut donc creuser 50 trous. Plein d’énergie et confiant dans votre tâche, vous prenez votre pelle et vous attaquez : 10 trous le premier jour, 7 trous le deuxième, 4 le troisième et là vous déchantez sérieusement. A un tel rythme, vous ne mettrez jamais en terre vos 50 arbres. Surtout, vous allez vous ruiner le moral, abimer votre matériel et mettre en péril vos arbres.

Pourquoi ?

Parce qu’un travailleur ne sera jamais pleinement efficace s'il a sans cesse la tête immergée dans son travail et ce malgré toute la motivation qu’il y mettra. A un moment donné, il est bon de se poser, de souffler un peu et d’affuter sa pelle pour qu’elle ne perde pas de son efficacité.

Cette image s’applique en tout point aux travailleurs sociaux que nous sommes au sein de Nébéday. Et c’est donc pour lutter contre ce potentiel manque d’efficience que le conseil d’administration de Nébéday veille à ce que l’ensemble des agents de terrains bénéficie de compléments de formation et de sessions de concertation entre les équipes. Mais après, il ne faut pas basculer dans la tendance inverse et passer son temps en causeries ou en formations, en oubliant le sens premier de notre mission : le terrain au quotidien face à la réalité.

Il y a très peu de bureaucrates au sein de Nébéday, nous sommes tous des gens de terrain. Mais cela n’empêche pas que nous devons être capables de rédiger des rapports, de communiquer les uns avec les autres, de maîtriser les outils informatiques, d’organiser nos informations... Ce travail dans l’ombre est indispensable.

C’est dans ce contexte que tout le staff de Nébéday, réuni à Sokone pour l’occasion, a reçu pour la deuxième fois la visite de Vincent Dawans de Virtue Venture financé par la fondation Marie et Alain Philippson. Le partenariat avec Virtue Ventures vise à inscrire l’association Nébéday dans un processus de planning stratégique afin de professionnaliser notre structure dans son ensemble. Ce travail de renforcement stratégique rentre dans le cadre de la volonté de Nébéday de se renforcer d'un point de vue institutionnel et a pu se faire grâce à l'appui de Aliniha International à ses membres fondateurs

A l’ordre du jour :
  • Définition des grandes lignes pour les mois à venir
  • Réorganisation des équipes en insistant sur les échanges nécessaires entre les équipes de Tambacounda, Dakar et du Saloum
  • Début d’élaboration des plans d’affaire concernant le charbon de paille, les périmètres agro-forestiers et la coopérative de Sangako
Une partie des équipe de Tamba, Saloum et Dakar, on dirait pas mais ça travaillait dur!


Ce séminaire fut riche en échanges et c’est donc bien reboostés que nous sommes repartis à nos activités sur le terrain : à la grande réunion du CA d’Aliniha international pour certains, aux préparatifs d’une visite d’échange aux résultats prometteurs entre la forêt de Sangako et la forêt classée de Sambandé pour d’autres, au déménagement de nos bureaux de Sokone vers Toubacouta, à la mobilisation des femmes de la zone de Sangako pour la création de leur association et bien d’autres choses encore !

lundi 27 mai 2013

Solutions pour un maraichage en zone sahélienne

Cultiver en zone sahélienne en dehors de la saison de pluies n’est pas une mince affaire, mais c’est une activité indispensable pour les femmes. Elles en tirent deux bénéfices directs :
  • Une alimentation plus variée, car les légumes sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.
  • Une activité économique d’appoint, pour pourvoir aux besoins essentiels de la famille. Et aujourd’hui au Sénégal l’offre de légumes sur les marchés est encore largement inférieure à la demande.
Après un état de lieux nous pouvons citer les principaux obstacles que rencontrent les femmes :
  • L’accès à la terre
  • L’approvisionnement en eau, il n’est pas rare de creuser jusqu’à plus de 35 m pour trouver de l’eau dans la région de Tambacounda.
  • L’avidité du bétail, surtout en saison sèche, rien ne les arrêtent
  • L’infestation par les parasites et les insectes ; L’analphabétisme est grand chez les femmes, l’utilisation de pesticides chimiques est d’autant plus dangereux.
  • L’achat de semence de qualité
  • L’érosion
  • L’implacabilité du soleil
Nébéday et le groupement de femmes Heramakono de Kotiary se sont concertés pour faire cet état des lieux et trouver ensemble des solutions à ces problèmes rédhibitoires.

regroupement des femmes de l'association Aliniha Heramakono

Nébéday a détaillé le concept de périmètre agroforestier qui a vocation à couvrir une grosse partie des besoins en ressources végétales des familles. Au sein de ces périmètres on trouvera des activités de maraîchage, un verger, des haies vives constituées de plantes à fortes valeurs commerciales, de bois pour les besoins de charbon, de plantes médicinales et d’espaces plus sauvages où les femmes pratiqueront la méthode de la régénération naturelle assistée.

Des activités polyvalentes sont la garantie d’une présence plus constante et donc d’un meilleur suivi, indispensable pour un résultat de qualité.

A l’heure actuelle, le groupement de femmes Heramakono pratique le maraîchage sur le terrain de la case Aliniha jusqu’à ce qu’elles obtiennent un terrain plus conséquent à Kotiary où elles pourront appliquer à grande échelle le concept de périmètre agro forestier.

C’est dans cette optique que les agents de Nébéday ont transféré aux femmes des méthodes de maraîchage améliorées et adaptées à la rudesse de notre climat (en ce moment, Tambacounda c’est 45°, le sable vous brule les pieds et l’air assèche tout ce qu’il touche, …).

Parmi ces méthodes on retrouvera :
  • La culture associée du moringa oleifera. Ces racines profondes n’entrent pas en concurrence avec les légumes et son feuillage offre une ombre légère aux jeunes pousses fragiles et participent à limiter l’évaporation. Le moringa est planté autour des planches et de la parcelle.
  • La culture du vétiver dont les très longues racines forment un mur souterrain qui retiendra l’eau. Le vétiver est placé comme le moringa, autour des parcelles et autour des planches mais on veillera surtout a en placer tout autour des puits et points d’eau naturels. On n’associera pas le moringa et le vétiver dont les racines se feront concurrence.
  • La culture en butte ; Celle-ci consiste à creuser une fosse d’1 m 20 de large et de la longueur voulue sur une profondeur de 35 cm. Cette fosse sera comblée de bois, de fumier et de paille. On y ajoutera sur l’avant dernière couche d’autres fertilisants que l’on a sous la main comme des feuilles de neem, de la poudre d’os, du poussier de charbon,… On recouvre l’ensemble de la terre évacuée. Cette combinaison permet d’enrichir le sol et de limiter l’arrosage car l’eau sera mieux retenue par le bois en décomposition qui petit à petit se transformera en compost. De telle planches peuvent durer plus de dix ans !
  • La fabrication de compost fait d’un mélange de paille et de fumier
  • La technique des zaï. Les plants sont enterrés dans de large et profond trou, préalablement comblé de paille et de bois. Une fois le plant mis en terre et recouvert, la base du trou sera inférieure au niveau du sol et l’excédent de terre formera une diguette afin de limiter le ruissellement des eaux de pluies et le gaspillage des eaux d’arrosage.
  • La maîtrise des pesticides naturels tel que le neem, dont les feuilles font un excellent fertilisant, leur macération offre un purin efficace contre bon nombre de ravageurs. Les graines donnent une huile au spectre d’action encore plus puissant que les feuilles. Les feuilles seront utilisées comme préventif et l’huile comme curatif. L’huile a aussi un gros potentiel économique sur le marché.


Sous réserve que les femmes soient organisées en GIE, qu’elles aient réfléchi à la pérennisation du système, qu’elles aient mis en place un plan d’amortissement et qu’elles continuent à suivre les formations que dispensent les animatrices, Nébéday les aidera à financer le gros œuvre ainsi que le petit matériel indispensable telle que les bottes, les arrosoirs et les semences de qualité jusqu’à ce qu’elles arrivent à mettre au point les leurs.

dimanche 26 mai 2013

A ma mère

Beaucoup de travail mais toujours un sourire


Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère, je pense à toi.
Ô Daman, Ô ma mère,
toi qui me portas sur le dos,
Toi qui m’allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas,
Toi qui, la première, m’ouvris les yeux aux prodiges de la terre,
Je pense à toi...

Ô toi Daman, Ô ma mère,
Toi qui essuyais mes larmes,
Toi qui me réjouissais le cœur, toi qui, patiemment, supportais mes caprices,
Comme j’aimerais encore être près de toi, être enfant près de toi !

Femme simple, femme de la résignation,
Ô toi ma mère, je pense à toi
Ô Daman, Daman de la grande famille des forgerons,
Ma pensée toujours se tourne vers toi,
La tienne à chaque pas m’accompagne,
Ô Daman, ma mère,
Comme j’aimerais encore être dans ta chaleur,
Etre enfant près de toi. ...

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère,
Merci pour tout ce que tu fis pour moi,
Ton fils si loin, si loin, si près de toi !

Femme des champs, des rivières,
femme du grand fleuve,
Ô toi, ma mère, je pense à toi...

Extrait de "L’enfant noir" de Laye Camara.

A nos mamans, pour qui Nébéday oeuvre au quotidien et qui sans elles, sans leur confiance et leur volonté,  n'avancerait pas...