lundi 16 décembre 2013

Validation du Plan d'aménagement de la Forêt de Sangako au Saloum

Ce 10 décembre 2013, les chefs des villages riverains de la forêt de Sangako, le Directeur de Nébéday Mr Jean GOEPP, le Président de la Communauté Rurale de Toubacouta Mr Pape DIANKO, et l'Inspecteur Régional des Eaux et Forêt Mr Aladji COLY étaient présents à Toubacouta pour l'Assemblée Générale de validation du plan d’aménagement de la forêt de Sangako.

Depuis 2009, Nébéday, en étroite collaboration avec les populations locales, intervient dans le Saloum pour la protection et la valorisation des ressources naturelles. Pour exemple, chaque année, des actions sont menées pour la protection de la forêt de Sangako par des reboisements (5000 arbres en 2012 et 9000 arbres en 2013), la mise en place de pare-feux, l'organisation de formations pour la valorisation des ressources naturelles par les femmes, la sensibilisation, etc.



Cependant, les feux de brousse, la coupe abusive de bois, le braconnage, la surexploitation et d'autres fléaux environnementaux continuent encore de sévir dans cette forêt. Les chefs des quatorze villages riverains de la forêt de Sangako, mobilisent pourtant les habitants pour la protéger, l’entretenir et la surveiller. Mais l'absence de règles formelles et consensuelles constitue un frein pour une protection durable et efficace.

Durant cette rencontre pour la validation du plan d'aménagement, les différentes parties se sont entendues sur plusieurs règles concernant le droit d'usage, les feux de brousse, la chasse, les animaux, la protection intégrale d'espèces ou de zones, l'inventaire des espèces, les pare-feux et la fabrication de bio-charbon.



Les autorités présentes ont entériné la mise en place des Comités Villageois et du Comité Inter-villageois qui les regroupe. Ces deux instances sont chargées de suivre et de faire appliquer les règles de gestion de la forêt. Ensuite, les Eaux et Forêts de Fatick, la Communauté Rurale de Toubacouta et le Comité Inter-villageois ont signé un protocole d'accord qui donne la compétence au Comité Inter-villageois de suivre et de faire respecter les règles consensuelles mises en place.

La rencontre a pris fin sur cette affirmation de l'Inspecteur Régional des Eaux et Forêts de Fatick : "La forêt de Sangako, véritable poumon de la zone, est classée depuis l’indépendance et c’est grâce à de l’entretien qu’elle existe toujours et encore. Donc si l'on veut que nos enfants et petits enfants en profitent, il faudra continuer de l’entretenir et de la protéger en faisant évoluer les règles et les mentalités".


mercredi 11 décembre 2013

Exploitation et transformation durable du pain de singe


La saison du Pain de singe approche. De janvier à octobre, cette pulpe de Baobab (localement appelée "Bouye") sera mure et pourra être cueillie.

A Tambacounda, dans le sud-est du Sénégal, les femmes de l'Association Aliniha Autogérée de Heramakono ont la chance de trouver autour de leur village, Kothiary, du Pain de singe en grande quantité. Ce pain de singe possède de grandes qualités gustatives et est d’une texture attrayante.

Tous les membres de l'Association Aliniha Autogérée de Heramakono pratiquent, traditionnellement la transformation de la pulpe de Baobab en poudre depuis de nombreuses années. Elles ont suivi différentes formations qui leur permettent aujourd’hui d’avoir une poudre sans impuretés, sans grumeaux et transformée dans des conditions d’hygiène satisfaisante.

Triage et tamisage du pain de singe

Cette année, ces femmes de Kothiary ont décidé de s’engager collectivement et de manière plus organisée dans la transformation du Pain de singe. Elles vont mettre en place et équiper un lieu commun de transformation qui permettra de mutualiser le matériel et le local pour augmenter la quantité de poudre produite et améliorer la qualité obtenue. L’activité se déroulera dans leur Case Aliniha.

Ce système de transformation et la commercialisation sera entièrement géré par les femmes. En menant cette activité économiquement rentable, l'Association Aliniha Autogérée de Heramakono s’engage à choisir des pulpes matures, prélevées de manière raisonnable et directement achetées auprès des producteurs locaux.

La poudre de Pain de singe est utilisée en cosmétique, en préparation culinaire et dans la pharmacopée.

lundi 11 novembre 2013

Bilan de l’opération de reboisement 2013

Les arbres constituent un pilier fondamental pour la conservation des écosystèmes. Ils jouent un rôle primordial quant à la fertilité des sols, assurant la couverture végétale. Ils contribuent également à la protection des bergers et les bancs de sable contre l’érosion côtière et évitent l’avancement de la désertification.


Au niveau socio-économique, les arbres ont une grande importance pour les populations : ils peuvent être une source d’énergie domestique, une contribution à l’alimentation des hommes et du bétail, ou être utilisés comme médicaments, matériel de construction, de cordage, etc.


Pour ce qui concerne leur importance, on constate une diminution progressive de cette ressource. Nous pouvons signaler plusieurs causes à cette disparition.

D’une part, il y a les effets climatiques comme la baisse de la pluviométrie, qui entraine la salinisation, et l’acidification des sols qui produisent l’avancement de la désertification et rendent le reboisement très difficile.

D’autre part, on trouve des effets anthropiques. L’action de l’homme réduit considérablement les arbres et les forêts. L’augmentation démographique comporte une demande croissante des terres cultivables. Les feux de brousse pour la production de charbon sont faits de manière abusive et sans contrôle. Enfin les mauvaises pratiques de pâturage produisent aussi une grande pression, surtout en saison sèche.

Vue l’état de danger des forêts au Sénégal, Nébéday a décidé d’accompagner les populations du Saloum et de Tambacounda pour la mise en place d’une opération de reboisement de 14 150 arbres à Tambacounda et au Saloum. Les espèces plantées sont le Nébéday (Moringa Oliféra), l’Anacardier, le Ronier, Baobab, Rath, Jujube, Dakhar, Dank, Nep Nep, Leucena, Netetou, Sump, Flamboyant, Fromager, Tabac, Papaye, Figuier, Buleul, Ditakh, Thior Liane, Veine et le Manguier. Ces espèces ont été choisies par les populations pour leur importance alimentaire mais aussi pour leurs valeurs médicales.


Nébéday et son équipe tiennent à remercier les populations qui se sont fortement mobilisées pour redonner vie à leurs forêts et villages, et particulièrement, les villageois de :
Botou, Diombodina, Kothiary, Kothiariding, Sabimouleysi, Sadio Salla, Keur Sambel, Babou Diouf, Soucouta, Firdaossy, Bamako, Toubacouta, Neema Ba, Banni, Sourou, Dassilame, Keur Aliou Gueye, Sandicoly, Medina, Sangako, Kaolack, Keur Sambel, Soucouta

Ces populations s’investissent encore aujourd’hui dans la protection de ces jeunes plants. Elles se préparent à installer des pare-feu pour protéger les forêts et les jeunes pousses pendant la saison sèche.

vendredi 30 août 2013

Jeka Bara convoque une Assemble générale extraordinaire pour la révision de ses statuts

Le 28 août 2013 près de 150 femmes de l’association Aliniha de Tambacounda se sont retrouvées pour renouveler les statuts de leur Institution de Micro-Finance : Jeka Bara.

Khadidia SANGARE, présidente du Conseil d’Administration
Cette institution financière créée en 2011 grâce à la volonté des femmes Aliniha et à l’accompagnement de Nebeday, a pour objectif d’offrir des services d’épargne et de crédit non seulement aux femmes Aliniha, aux Associations Aliniha Autogérées mais plus largement aux populations de la région, tout en protégeant l’environnement.

Pour accomplir ces objectifs, l’institution Jeka Bara est chargée de la gestion des micro-crédits et du financement des activités des dites communautés de femmes. Ces prêts sont destinés aux projets visant l’épanouissement social, le développement économique des villages, mais aussi l’autogestion.

Afin de renforcer cette mission, les femmes Aliniha ont d’abord procédée à la révision des statuts de l’Institution de Micro-Finance et des différents organes constitutifs : le Conseil d’Administration, le Comité de Crédit et le Conseil de Surveillance. Elles ont ensuite élu les nouveaux membres.

Voici un cadre récapitulatif des changements issus de cette réunion.



CONSEIL D’ADMINISTRATION

COMITE DE CREDIT

CONSEIL DE SURVEILLANCE



Fonctions

Assure l’exécution des décisions de l’Assemblée générale. Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour faire ou autoriser tous actes qui ne sont pas réserves à l’Assemblée générale



Responsable de gérer le crédit conformément aux politiques et procédures définies en matière de crédit à savoir : Réception des dossiers de crédit ; Analyse les dossiers de crédit ; Décision d’octroi de crédit ; Suivi des remboursements ; Recouvrement des crédits ; Renouvellement du crédit; Evaluation du plafond disponible ; Contrôle de la qualité du portefeuille

Il est chargé de la surveillance de la régularité des opérations de l'Association et du contrôle de gestion.





Membres

Présidente :
Khadidia Sangaré
Vice-présidente :
Fatimata Niang
Membres :
Astou Cissokho
Fatoumata Barry
Awa Koné
Diaba Camara
Penda Kanté
Astou Danfa


Mbalaye Taméga
Aida Agne
Fatou Ndiaye
Bouthié Diarra
Kadiatou Cissé
Amy Fofana
Salimata Cissé
Agent de crédit

Penda Sackho
Ndiadou Guiro
Awa Cissokho


vendredi 26 juillet 2013

Journée Aliniha International

Chaque année, le 25 juillet (qui est la journée Aliniha) est l'occasion de célébrer les femmes leaders au Burkina, au Mali et au Sénégal. Cette année, les femmes Aliniha du Sénégal, accompagnées par Nébéday, ont organisé une rencontre, de partage et de réflexion, des membres de leurs associations autogérées dans le village de Kothiariding à Tambacounda.


Aïssatou CISSOKHO, la Présidente de Benkadi, une des Associations Aliniha Autogérées, précise : "comme nous sommes organisées, que nous avons prouvé notre engagement, notre détermination et notre rigueur au travail, le Chef de ce village a décidé de nous octroyer une parcelle pour le maraichage".

Mené par les femmes, le village a organisé pour l'occasion un reboisement de 300 jeunes arbres et les autorités locales ont procédé à l'inauguration du périmètre maraicher octroyé aux femmes.

mercredi 10 juillet 2013

Formation au pressage du bio-charbon

A Tambacounda, les femmes des AAA (Associations Aliniha Autogérées) de Benkadi et de And Liguey ont suivi une formation au pressage de poussier (mélange de paille pyrolysée + eau et argile). Ce pressage permet d'obtenir des briquettes de bio-charbon destinées à la consommation et à la vente.


Cette formation s'est faite dans le cadre de l'organisation de la production du bio-charbon que les femmes sont en train de mener. En effet, les femmes de Tambacounda ont décidé de s'organiser de la manière suivante : les membres de l'AAA de Kothiary (en zone rurale) s'occupent de transformer la paille en poussier et les femmes des AAA de And Liguey et de Benkady (en zone urbaine) s'occupent du pressage en briquette et de la commercialisation dans la ville de Tambacounda.


Ce sont ainsi 105 kg de poussier qu'une brave équipe de femmes Aliniha a préparé et pressé. Le but de cette formation est que les femmes fassent d’abord plusieurs tests avant de commencer la production du bio-charbon à large échelle. Ces tests permettront aussi de faciliter l'actualisation des plans d’affaire avant la commercialisation du produit. En ce moment, une série de tests sur la qualité, sur la cuisson et sur diverses utilisations du bio-charbon est en cours.

mardi 25 juin 2013

Renforcement des capacités, condition sine qua non du crédit solidaire

Le renforcement des capacités se définit comme « les processus par lesquels les individus, les organisations et la collectivité dans son ensemble libèrent, créent, renforcent, adaptent et préservent les capacités au fil des ans » (CAD/OCDE, 2006).

Le groupement Heramakono a eu l'opportunité de bénéficier d'une formation sur le crédit solidaire transmise par Ini Damien, présidente d'Aliniha International mais surtout et avant tout une femme leader au sein de sa communauté.

Ini Damien, avant d'être la présidente d'Aliniha International, est la présidente de l'APFG, l'Association pour la Promotion Féminine de Gaoua. L’APFG travaille, dans le sud-ouest du Burkina Faso, à la mise en place d’activités économiques interdépendantes et autofinancées. Elle soutient l'entrepreneuriat féminin et incite les femmes à l’apprentissage et au partage des connaissances.

La démarche de la présidente, Ini Damien, est de faire prendre conscience aux femmes démunies de leurs potentialités et richesses. Par une combinaison harmonieuse de démarche tactique et stratégique, elle arrive à améliorer la situation des femmes de sa région, à vaincre les résistances socioculturelles pouvant s’opposer à toute remise en question et à asseoir de réels changements. Elle utilise toutes les pratiques disponibles pour combattre des problèmes comme l’excision ou l’accès à la terre.

Aujourd'hui, la micro-finance est un secteur en plein essor en Afrique de l'Ouest, mais mal gérée elle peut conduire à des dérives dangereuses comme un endettement excessif. Livrés à elles-mêmes, sans aucun suivi, ignorant les règles élémentaires de gestion, les bénéficiaires peuvent facilement se retrouver démunies pour honorer le remboursement de leur prêt. De la à contracter un autre prêt pour rembourser le premier, il n'y a qu'un pas à faire...

"Tant que les gens n'ont pas été à l’école, ils n'ont pas la capacité d'analyse. Ce n'est pas leur faute. Il faut démontrer le contraire, éveiller leur esprit" Ini Damien

Ini Damien entourée de Alou Keita et Jean Goepp, membres fondateurs d'Aliniha International
Ini Damien, présente au Sénégal pour la réunion annuelle du conseil d'administration d’Aliniha International, a tenue à dispenser elle-même une formation à l’Association Aliniha Autogérée Heramakono, formation portant sur le crédit solidaire, plus précisément sur les conditions à mettre en œuvre pour assurer sa réussite, diminuer le risque crédit.

A l’ordre du jour de la formation, 3 thèmes :
  • Gestion du temps
  • SEPO (Succès, Echec, Problème, Opportunité)
  • Connaissance de soi
Les formations continues en renforcement des capacités ont pour but d’amener les femmes bénéficiaires à plus d’autonomie et à plus de performance pour atteindre leurs objectifs dans un environnement exigeant, perpétuellement en évolution.

Le développement durable prend en compte trois composantes essentielles : le développement environnemental, social et économique. Le troisième point est essentiel car c’est lui qui assurera la pérennité du modèle. Sans rentabilité, les femmes qui sont avant tout des mères de famille avec des obligations abandonneront pour retourner a des activités parfois moins rentables, plus difficiles, aux conséquences sur l'environnement plus néfastes mais qu’elles connaissent et qu’elles maîtrisent, donc en lesquelles elles ont confiance.

C'est le rôle de Nébéday d’accompagner ses partenaires dans ce processus de pérennité, nous devons réussir à donner aux femmes confiance en elles. C'est le gage de leur réussite.